
Longtemps marginalisée et menacée par la modernité galopante, la culture Sérère connaît aujourd’hui une renaissance. Un mouvement porté par des journalistes, des instituteurs, des jeunes et des femmes déterminées.
« Nos enfants parlent de moins en moins le sérère, ils ne connaissent plus les contes ni les chants traditionnels . Si rien n’est fait, nous risquons de perdre notre identité », a déploré Birama, journaliste et porteur de cette initiative.
Une conférence publique a été organisée ce mardi 8 Juillet 2025 à Sine-Saloum, sous le thème : « Redynamiser la langue et l’éducation en milieu Sérère ».
« Cette rencontre vise à revaloriser notre culture, à sensibiliser les Sérères, l’objectif est de conscientiser surtout ceux du Sine-Saloum, sur l’urgence de préserver leur héritage », explique Mamadou Faye, instituteur à Fatick.
Il a rappelé que les Sérères seraient originaires de l’Égypte pharaonique, passés par le Sahara, le Namadirou, avant de s’installer au Sine, Saloum et Baol.
En ajoutant que l’éducation de peuple Sérère était basée sur le genre, c’est-à-dire une éducation séparée, adaptée à ses responsabilités dans la société. Les enfants étaient ainsi préparés à hériter et à maîtriser les savoir-faire de leurs parents.
« Les femmes Sérères avaient leur responsabilité qui leur est propre tout comme les hommes de façon très diversifiée. On avait l’intention que chaque homme devrait hériter le métier de son père c’est pourquoi l’éducation était diversifiée et spécialisée », a-t-il précisé.
Pour lui, l’éducation bilingue est importante pour les enfants Sérères. « Nous voulons que nos enfants sachent lire et écrire en sérère, pour qu’ils soient fiers de leur culture ».
Le but n’est pas d’opposer le français à la ou l’éducation nationale mais de créer un pont entre modernité et tradition. Connaître ses origines, c’est renforcer l’estime de soi et assurer la survie de son identité.
« Revaloriser notre culture n’est pas un luxe, c’est une nécessité pour exister demain », conclut M. Faye.
Le peuple Sérère, l’un des plus anciens groupes ethniques du Sénégal, reconnus pour leur spiritualité, leurs traditions agricoles et leur attachement profond à la terre. Leurs savoirs ancestraux, chants sacrés, récits oraux, rites initiatiques, se transmettaient autrefois de génération en génération. Mais l’exode rural et l’éducation déconnectée de la langue maternelle ont coupé nombreux jeunes de l’histoire et valeurs sérère.
La Rédaction.