
Dans un contexte mondial marqué par les nouveaux tarifs douaniers imposés par l’administration américaine, le président congolais Félix Tshisekedi a plaidé mardi à Kinshasa pour l’accélération effective de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).
Officiellement entrée en vigueur en 2021, la ZLECAF qui compte les 54 pays du continent vise la libre circulation des personnes et des capitaux. La République démocratique du Congo (RDC) qui a ratifié cet accord en 2022 accueille à Kinshasa la réunion des ministres du Commerce de la zone.
Membre de la SADC (Communauté économique des états d’Afrique australe), de COMESA (Marché commun d’Afrique orientale et australe) et de la CEEAC (Communauté économique des états d’Afrique centrale), la RDC de par sa position stratégique au cœur du continent s’est dite prête à jouer le rôle du trait d’union entre les différentes zones continentales.
Kinshasa est prête à devenir un hub économique, un lieu de convergence pour les échanges et les investissements africains
« L’Afrique que nous construisons aujourd’hui est celle de l’espoir, de l’unité et de la prospérité partagée. La ZLECAF est notre outil pour y parvenir, un pont vers un avenir où chaque africain pourra vivre dignement de fruit de son travail« , a déclaré M. Tshisekedi à l’ouverture de la rencontre.
Doté d’une jeunesse dynamique, des ressources naturelles incomparables, des potentiels économiques immenses, l’Afrique est paradoxalement le continent le plus touché par la misère.
Le continent doit « s’émanciper des chaînes du passés pour écrire un avenir de progrès et de dignité. Mais cet avenir ne peut se bâtir dans l’isolement« , d’où la nécessité de promouvoir la coopération entre nos nations afin de « transformer nos atouts en levier de développement inclusif« , a-t-il dit devant des responsables politiques et experts régionaux.
Investir dans les infrastructures transfrontalières
Cela fera en sorte que des jeunes africains ne se tournent plus vers des horizons lointains pour trouver des opportunités mais « qu’ils trouvent ici, sur notre sol, les moyens de réaliser leurs rêves« .
« Je lance un appel solennel à tous les pays africains : unissons nos forces pour faire de la ZLECAF un succès, investissons dans des infrastructures transfrontalières, harmonisons nos règlementations et soutenons nos entreprises pour qu’elles conquièrent le marché continental« , a ajouté le président de la RDC.
Plus qu’un accord commercial, Julien Paluku, ministre congolais du Commerce extérieur a présenté la ZLECAF comme une « opportunité économique » capable de conduire la RDC, pays de près de 100 millions d’habitants à réaliser sa vision de développement.
La ZLECAF nous « ouvre les portes d’un marché de 1,5 milliard de consommateurs où nos produits transformés localement, du cacao au cobalt, du bois aux produits agricoles peuvent trouver preneur« , a ajouté M. Tshisekedi.
Ce marché commun permet également à la RDC « d’accéder plus facilement aux biens et services des autres nations africaines, réduisant ainsi notre dépendance vis-à-vis des importations extra-continentales« , a -t-il estimé.
A ce stade, la ZLECAF est encore loin de ses objectifs de créer une seule grande zone commerciale en supprimant notamment la quasi totalité des droits de douane en 5 à 10 ans.
La Rédaction.