RDC : Tshisekedi entretient le flou sur un éventuel troisième mandat

Le président congolais Félix Tshisekedi s’est exprimé le 6 mai à Kinshasa lors d’une  conférence de presse consacrée aux grands dossiers de son mandat sécurité, diplomatie, économie et réformes institutionnelles, alors que la République démocratique du Congo est confrontée à un conflit majeur dans l’est du pays, où le groupe armé AFC/M23 contrôle de vastes territoires dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, y compris les capitales provinciales Goma et Bukavu.

Interrogé sur son avenir politique, le chef de l’État a affirmé ne pas avoir sollicité de prolongation de son pouvoir, tout en laissant entendre qu’il pourrait se représenter « si le peuple le souhaite ». Une déclaration qui entretient l’ambiguïté, malgré la Constitution congolaise qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux.

Sur le plan institutionnel, Tshisekedi a réaffirmé son attachement à la Constitution, tout en reconnaissant que certaines réformes exigées par les partenaires américains, notamment dans le domaine de la justice, nécessiteraient une révision du texte. « Ces réformes ne se feront pas sans réviser la Constitution », a-t-il déclaré, ouvrant la porte à un débat sensible.

Sécurité et droits humains

Le président est revenu sur les arrestations nocturnes menées par les services de sécurité, qu’il a qualifiées de « regrettables ». Il a rappelé les traumatismes vécus par sa propre famille lorsque son père était arrêté de nuit, tout en assumant la responsabilité de ces bavures. Il a invoqué le contexte de guerre et les infiltrations jusque dans la capitale, comparant la situation à celle des États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001.

Sur le plan économique, Tshisekedi a défendu l’accord minier conclu avec Washington, présenté comme une opportunité de création d’emplois et de développement industriel local.

Concernant le processus de Doha, censé ramener la paix dans l’est du pays, le président a reconnu ses limites : cessez-le-feu violé, absence d’échange de prisonniers, corridors humanitaires fragiles. Ces blocages traduisent l’incapacité actuelle à transformer les efforts diplomatiques en résultats concrets.

Félix Tshisekedi a estimé que l’élection présidentielle prévue en 2028 pourrait être compromise si le conflit dans l’est persiste, soulignant la difficulté d’organiser un scrutin dans un contexte de guerre. Tout en réaffirmant son ouverture au dialogue, il a rejeté l’idée d’une inclusion élargie dans les négociations.

La Rédaction.

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