
Le spécialiste en décentralisation et en collectivités territoriales, Cheikh Abdou Khafour Biagui, a vivement critiqué les récentes nominations opérées par le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, Moussa Balla Fofana au sein de certains services régionaux. Elles ont été perçu comme des mesures aux antipodes de la vision des professionnels de ce secteur.
Selon lui, ces décisions sont contraires aux principes de compétence et de transparence prônés par les nouvelles autorités.
« C’est un sabotage silencieux du projet de rupture tant attendu par le peuple. Le ministre Moussa Balla Fofana vient de procéder à des nominations qui n’obéissent à aucun critère de compétence ni d’expérience. Ce qui est complètement aux antipodes du slogan « Jubanti Koom » récemment lancé », a-t-il déclaré.
« Ni le Secrétaire d’État en charge de l’urbanisme, ni le Secrétaire Général du ministère n’ont été consultés. M.Fofana a suivi ses propres désidératas en opérant de manière opaque, histoire d’entretenir sa clientèle », a-t-il ajouté.
L’expert a évoqué notamment la désignation d’un clerc notaire à la tête du Service régional de l’Urbanisme de Dakar. « Pour preuve, à la tête du service régional de l’Urbanisme de Dakar, un clerc notaire a été promu au détriment des personnes rompues à la tâche, ceux-là qui s’y connaissent le mieux. Nous disons halte à la promotion de la médiocrité! ».
Les sénégalais poursuit-il, « ont choisi le Pastef pour apporter le changement dans la manière de gouverner, de manager le pays. Mais, malheureusement le ministre Balla Moussa Fofana ne l’entend pas de cette oreille. Il donne l’impression de faire fi à la ligne de conduite clairement tracée par le duo Diomaye-Sonko. Il est alors temps de lui rappeller à l’ordre ».
Des changements impertinents à la lumière de de l’arrêté
Dakar, première agglomération urbaine du pays, abrite près d’un quart de la population nationale. Elle est confrontée à une urbanisation rapide, à la vétusté de nombreux bâtiments coloniaux, à un déficit d’aménagement, à l’encombrement et aux inondations. Nommer un Clerc à la place d’ingénieurs, urbanistes, architectes, aménagistes compétents est une catastrophe dans la gestion du pays d’autant plus que l’urbanisme est un levier transversal et porteur de développement.
L’analyse de l’arrêté, révèle l’impertinence des choix opérés, des mutations jugées incohérentes, comme celle du chef du service départemental de l’Urbanisme de Mbour vers Koungheul, une zone moins stratégique en matière foncière. « S’il a fauté, quelle faute s’agit-il? Si c’est le cas, qu’il soit relevé! », a ajouté l’expert.
Ces affectations soulèvent des interrogations sur les véritables motivations derrière ces décisions.
M. Biagui a appelé les autorités, notamment le Président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, à renforcer le contrôle des actes administratifs dans les ministères. « Le népotisme, le clientélisme, le clanisme, l’arbitraire doivent être bannis à tout jamais si nous voulons aller de l’avant », conclut-il.
La Rédaction.