Révolution régionale : L’AES prend son envol

Le logo officiel de l’AES

L’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, a décidé de quitter la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédeao) à compter de ce mercredi 29 janvier 2025, marquant un tournant important dans les relations régionales en Afrique de l’Ouest.

Les dirigeants de l’AES accusent la Cédeao d’être sous l’influence de puissances internationales, notamment la France. Ils estiment que les décisions prises ne servent pas les intérêts de leurs populations. L’AES ambitionne de créer un espace de paix, de sécurité et de progrès socio-économique, loin des ingérences extérieures.

L’Alliance des États du Sahel a été créée le 16 septembre 2023, à la suite du coup d’État militaire au Niger le 26 juillet 2023. Ce coup d’État a conduit la Cédeao à menacer d’intervenir militairement. En réponse, le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont signé un pacte de défense mutuelle pour contrer les menaces de rébellion armée ou d’agression extérieure. L’objectif principal de cette alliance est de renforcer la coopération entre ces trois pays pour lutter contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière. Ils ont également décidé de créer une force unifiée de 5 000 soldats pour intervenir ensemble contre les groupes jihadistes.

Le retrait de l’AES pourrait avoir des conséquences économiques et politiques importantes pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Les échanges commerciaux et les projets de développement pourraient être affectés. Les citoyens de ces pays pourraient perdre certains avantages, comme le droit de résidence et de création d’entreprises prévus par les accords de la Cédeao, et ils devront peut-être obtenir des visas pour voyager dans la région, alors que les pays membres de l’AES ont déjà annoncé que les ressortissants de la Cédéao pourraient entrer sans visa dans leur espace commun.

Pour renforcer l’intégration régionale, l’AES a annoncé la création d’un passeport commun pour les citoyens de ses pays membres. Ce passeport commun sera mis en circulation dès aujourd’hui, 29 janvier 2025. Les anciens passeports resteront valables jusqu’à leur expiration.

Sur le plan sécuritaire, le retrait pourrait affecter la coopération en matière de sécurité, d’échange de renseignements et de participation aux initiatives régionales de lutte contre le terrorisme. Les pays de l’AES pourraient également perdre l’accès à des ressources et équipements destinés à lutter contre le terrorisme. Cette séparation pourrait également conduire à un isolement sécuritaire, rendant plus difficile la coordination des efforts pour lutter contre les groupes jihadistes et la criminalité transfrontalière.

Qu’en est-il des autres pays de la région? 

Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey a récemment exprimé l’intention de son pays de rejoindre l’Alliance des États du Sahel lors d’une interview sur VoxAfrica, affirmant que le Togo et l’AES sont « liés par la même idéologie ». Cette adhésion pourrait renforcer le rôle du Togo en tant que hub commercial dans la région grâce à son port de Lomé, mais soulève également des questions sur la compatibilité avec les engagements actuels du Togo au sein de la Cédeao.

La récente rupture des accords de défense entre le Tchad et la France semble redéfinir les priorités stratégiques du pays. Le média (Mali24.info) renseigne qu’après une visite de travail de 48 heures de Mahamat Déby Itno, Président tchadien au Mali, le Général Asimi Goïta a reçu Aziz Mahamat Saleh, ministre tchadien des Infrastructures et du Désenclavement, porteur d’un message confidentiel du président tchadien à son homologue malien. 

Cette rencontre gardée sous silence par les autorités tchadiennes, suscite des interrogations, notamment sur un éventuel rapprochement entre le Tchad et l’AES actuellement présidée par le Mali. 

Les deux pays unis par une histoire commune et des défis similaires, le Tchad souhaite se rapprocher des pays de l’AES pour renforcer la coopération régionale et réduire l’influence des puissances occidentales dans la région. 

Toutefois, l’adhésion du Tchad à l’AES dépendra de plusieurs facteurs, notamment le respect des principes démocratiques et l’engagement actif dans la lutte contre le terrorisme.

Cette rupture pourrait aussi ouvrir la voie à de nouvelles opportunités de collab

La sortie de l’AES de la Cédeao est un événement majeur qui pourrait redéfinir les dynamiques régionales en Afrique de l’Ouest. 

La Rédaction.

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