Communautés marginalisées : les répercussions des activités du Parc de Ntokou-Pikounda au Congo-Brazzaville

Le Centre d’Actions pour le Développement (CAD)a exprimé ses plus vives préoccupations sur les conséquences néfastes de l’activité de conservation sur les communautés riveraines du parc National de Ntokou-Pikounda (PNNP) en République du Congo.
Après une visite effectuée dans cette réserve, du 11 au 26 décembre 2024, le CAD dénonce l’absence de mesures correctives crédibles pour garantir les droits fondamentaux des populations locales et autochtones vivant autour du parc.

Le CAD estime que douze ans après la création du parc, les insuffisances et les problèmes structurels persistants encore. C’est pourquoi, cette organisation de défense des droits humains appelle le gouvernement de Brazzaville et à son partenaire, le World Wide Fund for Nature (WWF) au respect de leurs obligations en vertu du droit national et international, en matière de la conservation.

Le PNNP, en dépit de sa création en 2012, ne dispose toujours pas d’un plan d’aménagement, un document crucial pour encadrer les activités de conservation, écrit le CAD dans un communiqué.

Levée immédiate des restrictions de navigation

Le décret instituant la création de cette aire protégée stipule que : « L’ensemble des activités à mener dans le parc est précédé de l’élaboration d’un plan d’aménagement… ». Sans ce plan, les limites du parc restent floues, les règles de gestion inconnues, et les droits fondamentaux des communautés sont menacés par l’incertitude, selon le CAD.
L’ONG estime que cette absence de plan combinée aux restrictions imposées par le parc génère de fortes frustrations parmi les communautés locales et autochtones.
L’impact le plus dramatique de ces restrictions est illustré par le cas de M. Arsène, père de famille, dont le garçon de 13 ans est décédé le 26 octobre 2024 dans un campement de pêche. Faute de pouvoir quitter rapidement le campement en raison de l’interdiction des pirogues motorisées, il n’a pas pu amener son fils dans un centre de santé.

Pour le CAD, ce drame met en lumière l’urgence de réviser ces mesures restrictives pour assurer la libre circulation sur la rivière Bokiba, essentielle à la survie et au bien-être des communautés riveraines. Le CAD appelle donc à une levée immédiate des restrictions de navigation, à la réalisation d’une étude d’impact environnemental et social avant toute activité de conservation, et à la mise en place d’un plan d’aménagement conforme aux exigences légales.

Par ailleurs, les atteintes répétées aux droits humains, notamment les arrestations arbitraires et les mauvais traitements infligés par certains écogardes, doivent cesser, écrit l’organisation.

Le CAD affirme avoir déposé « une nouvelle plainte » avec constitution de partie civile au tribunal de grande instance de Ouesso contre le parc et certains écogardes.

Malgré ces défis, quelques progrès sont à noter, reconnait l’ONG.

En effet, le Parc National de Ntokou-Pikounda a entrepris des actions de renforcement des capacités en droits humains et une diminution des allégations de violations a été observée lors de la récente visite du CAD.
Néanmoins, des efforts soutenus sont indispensables pour garantir la dignité et le respect des droits des communautés locales et autochtones, estime cette organisation de défense des droits humains.

La Rédaction.

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