Inondations meurtrières à Kinshasa : changements climatiques et mauvaise gestion pointés du doigt

Les inondations qui ont endeuillés la capitale de la République démocratique du Congo sont à la fois la conséquence du dérèglement climatique et de la responsabilité humaine, dans une ville où l’on construit un peu partout, sans respect des normes urbanistiques. 

Les quartiers entiers de Kinshasa se sont retrouvés sous les eaux après les pluies diluviennes tombées le week-end du 5 et 6 avril dernier. Au moins 33 personnes sont morts dans les inondations et éboulements de terrains provoqués par la montée des eaux, selon le ministère congolais de l’Intérieur. Plus de 5.000 familles sinistrés ainsi qu’une quarantaines de blessés ont été enregistrés, a indiqué de son côté le ministre de la Santé Samuel-Roger Kamba lors d’une conférence de presse lundi. 

Ce qui est arrivé relève à la fois des conséquences du réchauffement climatique avec une pluviométrie en hausse, mais aussi de la mauvaise gestion de l’espace et des déchets, selon Gulain Amani, professeur en art de bâtir et urbanisme à l’Institut supérieur d’Architecture et urbanisme (ISAU) de Kinshasa.

Mégalopole de près de 18 millions d’habitants, Kinshasa fait face à une “pression démographique énorme”, analyse le professeur Amani, “mais on construit un peu partout, on n’arrive pas à bien gérer les déchets, ni les questions d’assainissement des eaux usées ou de ruissèlement”.  

La capitale congolaise n’est pas à ses premières inondations du genre. Plus récemment, en 2019, puis en 2022, des dizaines des personnes avaient trouvés la mort dans des circonstances similaires. Comme à chaque  saison des pluies (fin mars jusqu’à debut mai), après des pluies torrentielles, les rivières qui traversent la ville étaient sorties de leur lits, jusqu’à atteindre des maisons d’habitation.  

Disposer de plus d’espace vert

Les normes voudraient qu’on respecte des servitudes liées aux cours d’eaux pour que même en cas de crues majeures, les eaux n’atteignent pas des espaces habités. Mais à Kinshasa, on assiste à des phénomènes où les lits des rivières et du fleuve sont de plus en plus rétrécis suite à l’occupation désordonnées du terrain”, relève l’analyste. 

Dans cette ville, on assiste aussi à une spoliation de tous les espaces vert alors que “pour bien nous adapter au changement climatique, nous devrions disposer de plus d’espace vert” ou des terrains maraîchers, ajoute le professeur.

Face aux dégâts causés par les pluies, autorités congolaises et populations semblaient être surpris et étonnés. Ce qui est arrivé ne devrait pas étonner lorsque l’on sait qu’à Kinshasa, on jette les déchets un peu partout, et que les réseaux de drainage des eaux des pluies sont bouchés. 

A l’absence de bonnes canalisations des eaux, la ville qui dispose pas non plus d’un vrais service de gestion des déchets “ne saurait résister aux chocs climatiques”, estime le professeur Amani.

La Rédaction.

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