
Vainqueur dès le premier tour au scrutin du dimanche 24 mars, la tâche qui s’annonce pour le nouveau président sénégalais ne sera pas des plus simples et il semble en avoir pris la pleine mesure. Dans sa première allocution publique après le scrutin du dimanche, le nouveau président élu a déclaré, « Au vu des urgences qui nous étreignent et de l’espérance placée en nous, nous travaillons de manière acharnée, diligente et méthodique autour de chantiers prioritaires dont les plus importants sont : (1) la réconciliation nationale et la reconstruction des bases de notre vivre-ensemble, (2) la refondation des institutions, (3) l’allègement sensible du coût de la vie pour alléger les fardeaux du quotidien, (4) les concertations nationales inclusives sectorielles sur l’évaluation et la relance des politiques publiques ».
Le nouveau président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a prêté serment mardi 02 avril 2024 et devient le cinquième et le plus jeune président du Sénégal, succédant à Macky Sall.
Le nouveau président sénégalais Bassirou Diomaye Faye promet un « changement systémique »

Le nouveau président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a prêté serment mardi, succédant à Macky Sall pour un mandat de cinq ans. Lors de son discours d’investiture, il a promis un « changement systémique » à la tête de son pays et « plus de souveraineté ».
« Devant Dieu et devant la Nation sénégalaise, je jure de remplir fidèlement la charge de président de la République du Sénégal, d’observer comme de faire observer scrupuleusement les dispositions de la Constitution et des lois », a déclaré Bassirou Diomaye Faye, la main droite levée, devant des centaines d’officiels sénégalais et plusieurs chefs d’État et dirigeants africains au Centre des expositions de la ville nouvelle de Diamniadio, près de Dakar.
Bassirou Diomaye Faye succède pour cinq ans à Macky Sall, 62 ans, qui a dirigé le pays de 18 millions d’habitants pendant 12 années et maintenu des relations fortes avec l’Occident et la France.
Cette alternance par les urnes, la troisième dans l’histoire du Sénégal, marque la fin d’un bras de fer de trois ans entre Macky Sall et le duo gagnant de la présidentielle du 24 mars : Bassirou Diomaye Faye et celui qui, disqualifié, l’a adoubé, Ousmane Sonko.
Une nouvelle classe politique
Bassirou Diomaye Faye, qui est un admirateur de l’ex-président américain Barack Obama mais aussi du héros sud-africain de la lutte anti-apartheid Nelson Mandela, se dit panafricaniste « de gauche » et prône le rééquilibrage des partenariats internationaux.
Le Sénégal va rester un allié « pour tout partenaire qui s’engagera, avec nous, dans une coopération vertueuse, respectueuse et mutuellement productive », a-t-il dit après son élection.
Dans un pays où 75 % de la population a moins de 35 ans et où le taux de chômage est officiellement de 20 %, poussant des jeunes, de plus en plus nombreux, à fuir la pauvreté et à entreprendre un périlleux périple vers l’Europe, Faye est particulièrement attendu sur le front de l’emploi.
Dans l’ombre d’Ousmane Sonko, ce haut fonctionnaire de l’administration des impôts, qui a gravi discrètement les échelons a mentionné ses chantiers prioritaires après sa victoire : la baisse du coût de la vie, la lutte contre la corruption et la réconciliation nationale.
La Rédaction.