Depuis 600 jours, Bunagana, une cité stratégique dans la province du Nord-Kivu, dans la partie Est de la République démocratique du Congo, est sous contrôle des rebelles du M23. Samedi à Kinshasa, des activistes des mouvements citoyens qui organisaient une manifestation pacifique au Palais du peuple, siège du parlement, pour dénoncer cette situation et réclamer la libération de cette cité ont été arrêtés par des présumés agents de l’Agence nationale des renseignements (ANR).
« Nous sommes sans nouvelles de 7 camarades, dont 4 de la Lucha (Lutte pour le changement) enlevés ce 3 février par des agents présumés de l’ANR », a dénoncé dans un communiqué le mouvement Lucha, précisant que ces agents circulaient « à bord d’une jeep blanche ». Deux dirigeants du mouvement, Bienvenu Matumo et Fred Bauma, sont parmi les personnes arrêtées.
« La Lucha appelle les autorités congolaises à libérer immédiatement et sans condition nos sept camarades », ajoute ce mouvement né en 2012 à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu.
Le M23 pour « Mouvement du 23 mars », rébellion soutenue par les unités de l’armée rwandaises Rwanda, a repris les armes fin 2021 après plusieurs années de sommeil.
Depuis, deux territoires du Nord-Kivu, Rutshuru et Masisi, sont sous contrôle de ces rebelles. L’armée congolaise, associée à des groupes armés et deux sociétés militaires étrangères tentent de récupérer ces pans du territoire national.
Dans des nombreux commentaires, activistes, politiques et anonymes s’interrogent sur les raisons de l’arrestation et la détention des militants prodémocratie, que leur reproche-t-on !
Vraisemblablement leur patriotisme, réagissent certains.
Pendant ce temps, le ministre de la Défense nationale, Jean-Pierre Bemba a indiqué que « la coalition terroriste M23/RDF poursuit son renforcement continu en effectif ainsi qu’en matériels pour des incursions et attaques », selon un compte rendu de la réunion du conseil des ministres. Cette coalition « se heurte à la détermination sans faille de nos forces armées engagées à rétablir la paix et la sécurité et ainsi restaurer l’autorité de l’État », a-t-il assuré.
Vendredi soir, les M23 se sont emparés de Shasha, une localité située sur la route nationale 2 reliant, Goma et Bukavu (chefs-lieux des provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu), et longeant la rive ouest du lac Kivu frontalier du Rwanda. Une situation qui a provoqué un déplacement massif des populations.
Des appels à la libération de tous les activistes arrêtés samedi se sont multipliés. Du côté du pouvoir de Kinshasa, aucune explication n’a encore été donnée sur les raisons officiels de l’arrestation et détention en secret.
La Rédaction