Le Cameroun est secoué par un scandale sexuel. A l’origine, des nombreux cas de viols, harcèlements et menaces attribués au puissant homme d’affaires Hervé Bopda. Ce dernier conteste ces allégations et a porté plainte pour diffamation.
Hervé est le fils d’Emmanuel Bopda, richissime industriel camerounais, décédé en 2020. Le scandale autour de son nom a éclaté après les révélations faites le 19 janvier, par le lanceur d’alerte camerounais N’zui Manto dans les réseaux sociaux où il a publié des récits de victimes présumées, femmes et hommes.
N’zui Manto affirme avoir reçu des centaines de témoignages, mais en a publié seulement une soixantaine jusque-là.
D’après les témoignages recueillis par ce lanceur d’alerte, les faits se seraient déroulés pendant au moins vingt ans dans plusieurs villes du Cameroun : Douala (capitale économique), où Hervé Bopda aurait notamment violenté des femmes en pleine rue et dans des restaurants de la ville, avec la complicité des gérants et de ses gardes de corps, Yaoundé (la capitale), Limbé et Buea dans la région anglophone du sud-ouest ou encore la cité balnéaire de Kribi.
Dans leurs témoignages, certaines victimes dénoncent un vaste réseau de proxénétisme dont feraient partie des hommes d’affaires, des personnalités influentes et des membres des forces de l’ordre et de l’armée.
Des témoignages sur des cas de séquestration pendant plusieurs jours, de sodomisation, de fellation ou encore des relations sexuelles forcées, et parfois sous menace d’une armée, ont été dénoncés.
Ces révélations bouleversent tout un pays. Des voix se sont levées en faveur de l’arrestation de Hervé Bopda et du démantèlement du réseau présumé qui entretiendrait cette mafia sexuelle.
Ainsi, un collectif d’avocats qui défend depuis 2016 des mineurs et des personnes défavorisées a affirmé avoir déposé plainte contre Hervé Bopda à un tribunal militaire de Douala. Universal Lawyers and Human Rights Defense affirme avoir reçu au moins 4 plaintes de présumées victimes.
Jusqu’à présent, Hervé Bopda qui conteste les faits, n’a pas été inquiété. Le 23 janvier, l’homme d’affaire a porté plainte pour diffamation.
La Rédaction