
Le ministre congolais de la Justice et Garde des sceaux, Guillaume Ngefa a donné injonction mardi aux fins des poursuites judiciaires contre les auteurs de fraude minière dans la province du Lualaba, dans le Sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), constitutives des violations du Code minier et de ses textes d’application.
Selon le communiqué consulté par notre rédaction, cette injonction, adressée au procureur près la Cour de cassation et à l’auditeur général des Forces armées, fait suite à un rapport de la Commission nationale de lutte contre la fraude minière (CNLFM) entre juillet et août 2025 dans la province de Lualaba.
Le ministre Guillaume Ngefa a réaffirmé la politique de « tolérance zéro à l’égard de la fraude minière, de la corruption et de toute spoliation des ressources nationales » et a ordonné « d’engager les procédures judiciaires (…) contre toutes les personnes physiques et morales impliquées, sans distinction de rang, de fonction ou de nationalité ».
Ce rapport a souligné que, ces intrusions perturbent gravement les opérations industrielles, compromettent la sécurité des travailleurs et exposent les entreprises à des pertes économiques considérables.
L’enquête met en lumière une occupation illégale de plusieurs sites miniers par des réseaux de fraude et de contrebande structuré, impliquant des civils, y compris des ressortissants étrangers, ainsi que des militaires, parmi lesquels des éléments de la 22ème Région militaire et de la Garde Républicaine et des Policiers.
Le rapport précise également l’implication d’expatriés, notamment chinois et libanais, dans la sortie illicite de minerais sur certains sites.

Les enquêteurs ont indiqué que des documents de traçabilité et des autorisations sont délivrés de manière irrégulière, facilitant la circulation frauduleuse des minerais.
Ils ajoutent par ailleurs que les produits extraits illégalement sont acheminés vers des dépôts de transit à Kolwezi et Likasi, toujours dans la partie sud-est de la RDC, avant d’être écoulés à travers des circuits non contrôlés, échappant à toute traçabilité et favorisant l’évasion fiscale.
Selon l’AFP, les périmètres miniers de Kamoto Copper Company (KCC), filiale de Glencore, et ceux d’ERG sont « régulièrement envahis par des groupes d’exploitants artisanaux et illégaux, souvent équipés d’engins lourds et opérant sous la protection d’hommes en uniformes ».
Géant suisse du négoce des matières premières, Glencore exploite les mines de cobalt dans le sud-est de la RDC. Comme lui, ERG, est un important groupe minier qui est est également implanté dans le sud-est du pays.
La Rédaction.