
Un peu plus d’un an après leur élection surprise à la tête du Sénégal, le président Bassirou Diomaye Faye et son allié Ousmane Sonko font face à des vents contraires.
Pour Abou Ballé Ndiaye, président du Mouvement Bokk Beug Beug (M3B) et de la Société internationale d’approvisionnement et de Transit (SIAT) basée à Bamako, le régime donne parfois « l’impression de gouverner dans la précipitation, avec un manque apparent de coordination, de passion et de savoir-faire institutionnel ».
Des réformes rapides mais mal maîtrisées
« Depuis sa prise de fonction, les réformes s’enchaînent : renégociations de contrats miniers, volonté de refonte du système judiciaire, suppression de certains privilèges de la haute administration, etc. Mais cette cadence soutenue semble parfois mal maîtrisée », estime M. Ndiaye.
Selon lui, certaines décisions paraissent prises « sous l’émotion ou la pression populaire » sans réelle maturation, ce qui risque de nuire à la crédibilité d’un régime qui se voulait celui de « la rigueur et de la compétence ».
Le leader du M3B pointe également la nomination, dans la foulée de l’élection, de ministres « sans grande expérience de la chose publique » et qui peinent à convaincre. Il dénonce « l’amateurisme de certains membres du gouvernement, la faiblesse des relais administratifs et le manque de dialogue avec les corps intermédiaires ».
Pour lui, gouverner un pays jeune, polarisé et avec de fortes attentes sociales « demande bien plus qu’un simple désir de changement ».
Un temps pour corriger la trajectoire
Malgré ces critiques, Abou Ballé Ndiaye reste convaincu que le tandem Diomaye–Sonko « a encore du temps pour redresser la barre ». Mais il prévient : « Il devra rapidement prouver qu’il peut allier rigueur technocratique et passion du service public, sans tomber dans l’improvisation. La sincérité du projet de rupture ne suffira pas sans compétence affirmée et leadership inspirant ».
Évoquant sa ville natale, Kaolack, M. Ndiaye a déploré « l’absence de leadership structuré et visionnaire, tant au niveau municipal que régional ».
Selon lui, cela se traduit par des infrastructures dégradées, des projets inachevés, des tensions internes, un déficit d’assainissement et « un sentiment d’abandon de la population ».
Pour y remédier, le M3B plaide pour un leadership renouvelé, inclusif et prospectif, capable de fédérer chefs d’entreprise, leaders politiques, société civile, diaspora et État afin de revitaliser la capitale du Saloum.
La Rédaction.