
Fabrice Lusinde, Directeur général de la Snel
La digitalisation des services électriques en République démocratique du Congo a été présenté comme un défi clé que la Société nationale d’électricité est appelé à relevé, lors des États généraux des entreprises du portefeuille de l’État.
Cette grande réunion nationale se tient à Kinshasa du 9 au 14 décembre au Centre financier de Kinshasa. Placées sous le thème : « Faire des entreprises du Portefeuille un puissant levier de la croissance économique et du développement social de la RDC », ces assises ont pour objectif d’examiner les voies et moyens pour améliorer les performances opérationnelles et financières des entreprises publiques, conformément à la vision du président Félix Tshisekedi.
Entreprise étatique, la Société nationale d’électricité (Snel) s’engage à relever ce défi dans son programme stratégique 2024-2028, avec l’objectif de transformer le paysage énergétique de la RDC.
Au cœur de ce projet, la Snel mise sur la digitalisation pour optimiser ses opérations et réduire les pertes technico-commerciales. Parmi les principaux défis figurent également le désendettement et l’amélioration des infrastructures.
Lors de son intervention aux États généraux du portefeuille, Fabrice Lusinde Wa Lusangi, Directeur général de la Snel a présenté le plan de « désendettement de la Snel, modes de financement innovants ».
Innovations technologiques et recouvrement
Avec l’introduction des compteurs communicants SNEL BOX et de l’application mobile SNEL & MOI, la société ambitionne d’atteindre un recouvrement de 100% et de réduire le délestage dans les zones urbaines. Selon l’entreprise, un projet pilote, déjà en cours dans les communes de Kisantu (dans la province du Kongo-central) et de Limete (Kinshasa), a permis de tester ces innovations technologiques, qui seront ensuite généralisées à travers le pays.
Les experts de la Snel estiment que l’installation de 3 millions de compteurs intelligents transformera la relation entre les clients et cette société. Cela permettra également à la Snel d’offrir à sa clientèle des services de facturation électronique et des solutions de paiement numérique.
Ainsi, l’installation de ces compteurs va rendre le système « plus accessible et transparent ».
Viabilité financière et trésorerie positive
Pour garantir la viabilité de l’entreprise, la Snel se tourne vers des outils innovants comme les véhicules de financement spécial (SPV) et le financement participatif (crowdfunding) pour restructurer sa dette et assainir son bilan, a-t-on expliqué.
Le fonds d’investissement interne et la certification des états financiers renforceront la crédibilité de l’entreprise sur le marché financier, avec pour objectif de rétablir une trésorerie positive et attirer des investisseurs.
Renforcement des infrastructures et production énergétique
Dans son programme stratégique 2024-2028, la Société nationale d’électricité prévoit la réhabilitation des infrastructures hydroélectriques pour récupérer une puissance de 2.500 MW et dépasser une production locale de 15 GWh, a expliqué M. Lusinde.
« La modernisation de la ligne Inga-Kolwezi et le développement de nouveaux réseaux à Goma et Kasumbalesa témoignent de son engagement à renforcer l’accès à l’électricité sur tout le territoire », a-t-il insisté.
En parallèle, des initiatives en énergie solaire, telles que l’installation de toitures solaires et l’autonomisation énergétique des bâtiments publics, sont en cours, a dit le directeur général de la Snel.
Capital humain et performance
En des aspect techniques, la Snel prévoit également de restructurer ses effectifs en mettant l’accent sur la formation et le recyclage des employés dans des domaines comme la gestion des données, les réseaux intelligents (smart grids) et le marketing stratégique.
selon les responsable de cette société étatique, la régularisation des 15.000 journaliers et l’amélioration des politiques salariales vont à booster le pouvoir d’achat des employés tout en répondant aux exigences de performance.
La Rédaction.