Six cents millions de dollars, c’est montant supplémentaire qui sera investi pour le projet du Corridor de Lobito, selon une annonce faite le 4 décembre dernier par le président américain Joe Biden lors de sa récente visite officielle en Angola. Le président des Etats-Unis l’a dit lors d’une table ronde organisée à cette occasion avec ses homologues de l’Angola, Joao Lourenço, de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, de la Zambie Hakainde Hichilema et le vice-président de Tanzanie.
Il s’agit d’un projet de construction d’une voie ferrée dans le corridor de Lobito qui reliera les mines de Zambie et de la République démocratique du Congo à la façade maritime angolaise qui ouvre sur le port de Lobito, à environ 500 kilomètres au sud de la capitale Luanda.
Le « Corridor de Lobito », projet également soutenu par l’Union européenne (UE), doit permettre de réduire de manière spectaculaire le temps de transport de minerais entre la RDC ou la Zambie et la côte. Grâce ce gigantesque projet, le trajet de 45 jours aujourd’hui par la route, va passer à 40 à 50 heures par train.
Si le chantier va à son terme, ce corridor doit relier l’océan Atlantique à l’océan Indien, et faciliter ainsi les exportations de matières premières très stratégiques telles que le cuivre et le cobalt, tout en développant, selon Washington, les échanges agricoles et le commerce en général.

Vaste projet d’infrastructure et d’échanges commerciaux, le corridor de Lobito est présenté comme une vitrine de la stratégie américaine face aux gigantesques chantiers d’infrastructures financés par Pékin en Afrique.
« Symbole d’une volonté collective »
Les chefs d’État se sont exprimés depuis une entreprise agroalimentaire visitée par que Joe Biden. Le président congolais Félix Tshisekedi a déclaré que ce grand chantier était un « symbole de notre volonté collective », le président angolais João Lourenço quant à lui a qualifié ce projet d’infrastructure d’”étape cruciale”, tandis que le président zambien Hakainde Hichilema a estimé que ce gigantesque projet ouvrait à d’« énormes opportunités ».
Le « Corridor de Lobito » grand axe ferroviaire et commercial censé, à terme, traverser le continent d’Est en Ouest.
Quel bénéfice pour la RDC ?
Pour le président Tshisekedi, le « corridor de Lobito » représente une opportunité stratégique pour valoriser ses ressources naturelles, en particulier le cuivre et le cobalt, qui constituent 70% de la demande mondiale dans le cadre de la transition énergétique.
Ce projet est d’autant plus important sur le plan économique et sécuritaire. Félix Tshisekedi a insisté sur le fait que la paix et la sécurité restent primordiales pour la réussite de ce grand projet soutenu par les Etats-Unis et l’UE.
« Le Corridor de Lobito est bien plus qu’un axe de transport. C’est une opportunité unique d’intégration régionale, de transformation économique et d’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens. Ce réseau ferroviaire reliant des régions minières de la RDC et de la Zambie au port de Lobito est conçu pour transporter jusqu’à 20 millions de tonnes de marchandises par an jusqu’en 2030 », a-t-il dit.
La Rédaction