Les opérations de vote se poursuivaient dimanche le 24 décembre dans plusieurs localités de la province du Nord-Kivu, où le matériel électoral est arrivé en retard dans cette région enclavée de l’est de la République démocratique du Congo. C’est le cas de la cité de Mabuo, dans le secteur Bapere, territoire de Lubero dans cette province du Nord-Kivu. Dans ce secteur, les autres localités où le vote devraient se tenir sont Engobo, Lenda, Bubudia et Isange.
Ce sont près de 44 millions d’électeurs, sur environ 100 millions d’habitants qui étaient appelés à élire le 20 décembre le président de la République, des députés nationaux et provinciaux et des conseillers communaux.
Le chef de l’État sortant, Félix Tshisekedi, brigue un second mandat face à 18 autres candidats dont plusieurs poids lourds de l’opposition. Parmi eux, Moïse Katumbi, riche homme d’affaires et ancien gouverneur de la région minière du Katanga (sud-est), Martin Fayulu, qui affirme que la victoire lui a été volée à l’élection de 2018, et Denis Mukwege, prix Nobel de la paix pour son action auprès des femmes victimes de viols de guerre.
Officiellement, le vote est terminé depuis le jeudi 21 décembre 2023.
Ces élections ont été entachées d’un grand désordre dans le déploiement logistique. Elles sont qualifiées de « chaotiques » aussi bien par des électeurs que par les opposants qui ont aussi dénoncé des irrégularités flagrantes. En effet, le 20 décembre, jour des élections, des machines à voter, des bulletins de vote et autres matériels électoraux ont été retrouvés entre les mains des individus non qualifiés, selon des nombreux témoignages, images à l’appui.
Des nombreux cas de bourrages d’urnes ou de destruction du matériel électoral dans des centres de vote ont aussi été rapportés à travers le territoire national. La tension était grande dans plusieurs centres.

Des ambassades occidentales à Kinshasa ont appelé toutes les parties « à la retenue » après ces élections qualifiées de simulacre par l’opposition qui appelle à l’annulation des scrutins et prévoit déjà une manifestation le mercredi 27 décembre à Kinshasa pour protester contre les irrégularités constatées lors des opérations de vote.
Les observateurs ont aussi relever des cas d’irrégularités dans certains bureaux de vote.
La Commission électorale nationale indépendante (Céni) qui s’était d’abord félicitée de son travail a semblé samedi reconnaître les cas d’irrégularités. Vendredi soir, la Céni a annoncé les tout premiers résultats de la présidentielle en commençant par les résultats de vote des Congolais de la diaspora, qui ont voté dans cinq pays tests (France, Belgique, États-Unis, Canada, Afrique du Sud). Ces résultats qui placent Félix Tshisekedi en tête, avec un score d’environ 80% représentent 0,03% du total. « Si certains voient un verre à moitié vide, nous, nous voyons un verre aux trois quarts plein », avait déclaré Denis Kadima, le président de la Céni, juste avant l’annonce de ces résultats.
Mais samedi, alors qu’on attendait la poursuite de la publication des résultats, la Céni a annoncé dans la soirée la création d’une « commission d’enquête » chargée d’examiner des actes de violence, de vandalisme et de sabotage perpétrés par certains candidats mal intentionnés. Elle a assuré que les mesures appropriées seront prises à l’encontre de ses agents et/ou des candidats qui se seraient rendus coupables ou complices de ces actes.
La Rédaction